L'année scolaire se termine bientôt. C'était ma première année en tant que prof de maths, mon année de stage en iufm pendant laquelle on ma confié une classe de cinquième. Avant septembre 2004 je ne soupçonnais pas tout le potentiel de nos chères têtes blondes du haut de leur 12 années bien tassées. Pourtant ils ont su m'étonner tout au long de l'année et aujourd'hui encore leur comportement en classe va jusqu'à m'intriguer parfois.
Cette semaine j'en suis même arrivé à me demander si j'avais réellement affaire à des élèves de cinquième ou si l'on ne m'avait pas menti sur leur âge. Quand j'ai surpris un élève en train de colorier les motifs de son protège-cahier, j'ai commencé par sourire. Puis quand il a recommencé je n'ai pu m'empêcher de lui proposer de rejoindre la grande section de maternelle l'an prochain. A ma grande surprise, son cas n'était pas unique : son voisin de devant s'amusait à graver au compas des inscriptions sur son stylo vert. Là je souriais déjà moins. Mais je crois que j'ai fini par me demander quel était réellement mon rôle dans cette classe quand j'ai aperçu un autre élève en train de constituer une ferme miniature avec des bouts de gomme. Un peu de plus et il se mettait à faire meugler sa gomme !
Il est aussi très difficile d'enseigner les bonnes techniques mathématiques aux élèves, les bons réflexes à avoir en géométrie et en algèbre. Pourtant les réflexes ils n'en manquent pas : transformer les papiers de la fcpe en avion ou en ballon de basket (la corbeille étant le panier) dès qu'on les a distribués, ils savent faire, faire des trous dans les murs ou dans les bureaux ce n'est pas très compliqué non plus. Mais étrangement, lire un papier qu'on leur distribue, il ne savent pas, et utiliser un compas pour sa fonction première (tracer des cercles) s'avère une tâche d'une complexité infinie.
Certaines règles élémentaires sont donc finalement à connaître du prof novice que je suis. Ne distribuer les papiers de la fcpe qu'en fin de cours pour éviter de transformer le cours en espace aérien improvisé ou en match de basket-ball. Ne pas prononcer le mot zoo devant les élèves, car ce mot suscite chez nos têtes blondes de véritables vocations d'imitateur et votre cours se transforme alors en basse-cour ou en savane africaine.