Je dois me confesser et vous implorer de m'excuser, mais vous n'aurez malheureusement pas le récit de mon dernier stage de formation de titulaire première année. Je n'ai en effet malheureusement pas assisté à ce stage : 48 heures après la fin du stage, j'ai en effet réalisé, en contemplant impuissant la convocation encore accrochée sur mon tableau aimanté, que j'avais tout bonnement oublié de me rendre à ce stage. J'ai souhaité tellement fort ne pas me rendre à ce stage, que mon inconscient l'a tout simplement zappé de mes préoccupations.
Pour me faire pardonner je vous propose de découvrir le Top 5 des meilleures formations dispensées par l'ifum et le rectorat. Ainsi vous pourrez vous rendre compte par vous-même du bon emploi des sommes d'argent investies dans l'Education Nationale.
Position 5 du classement : Le stage "Veillée au coin du feu". Le principe est simple, on vous fournit tous les outils nécessaires à la bonne réalisation d'une veillée parfaite au coin du feu. Tout d'abord le feu, on vous fournit du papier pour l'allumage de la cheminée. A l'iufm on appelle ça de la documentation ou des documents supports de référence. Le terme n'est pas important, ce qui est essentiel c'est de le mettre sous le bois pour qu'il prenne plus vite. Après l'allumage, il nous faut de bonnes histoires qui nous permettent de vite nous endormir à la lueur des flammes crépitantes. Là encore, les formateurs vous racontent tout un tas de choses plus efficaces que n'importe quel somnifère si vous les racontez à votre tour. Donc pas de soucis, vous ne serez jamais à court d'histoires au coin du feu (concepts, méthodes, etc.).
Position 4 du classement : Le stage "Téléphone arabe". Dans ce genre de stage, les stagiaires sont regroupés par trois. Le jeu est simple, un des stagiaires se présente à un deuxième qui prend éventuellement des notes. Bref, pendant 5 à 10 c'est www.raconte-ta-life.com. Si le deuxième stagiaire déborde de curiosité il lui est permis de poser quelques questions pour soulager son esprit. Pendant ce temps le troisième stagiaire est isolé des deux autres et n'entend rien de ce qui se dit. Au terme de l'interview, le troisième stagiaire revient dans le jeu et le stagiaire interviewer fait la présentation du premier au troisième. Quand on a subi ce genre de stage une demi-douzaine de fois on est parfaitement rodé pour une utilisation quotidienne de l'outil téléphone arabe. Un verre est offert au premier qui trouve le but de cet exercice (les profs titulairs et stagiaires sont hors compétition).
Position 3 du classement : Le stage "Du bon usage du tableau noir". Très souvent quand on parle d'évaluation aux enseignants, on se croit obligé de leur faire subir ce genre de stage. La règle du jeu est la suivante : on demande aux stagiaires de réfléchir à ce que représente pour eux l'évaluation. Puis, chacun leur tour, les stagiaires se déplacent au tableau et y inscrivent un mot auxquels ils ont pensés durant cette intense réflexion. On répète le processus une seconde fois, puis on change les règles. Maintenant, chaque stagiaire se rend de nouveau au tableau pour y souligner un mot qu'ils trouvent pertinent et y barrer un autre qui n'est pour eux pas lié au concept d'évaluation. C'est très joli comme performance artistique, surtout si l'on a des craies de couleur à disposition, ça donne un énorme brain storming vivant. Retour en enfance garanti.
Position 2 du classement : Le stage "Petit déjeuner entre amis". Le principe est similaire à celui du stage "Téléphone arabe". Il y a de nouveau un interviewer et un interviewé, mais la différence est que cette fois-ci le troisième stagiaire assiste à la scène et observe le moindre petit détail du dialogue. Le sujet est également différent, souvent les formateurs choisissent un thème de la vie quotidienne comme le petit déjeuner. Oui, il m'a fallu poser des questions à quelqu'un sur son petit déjeuner, son contenu, ses accessoires et ses rituels annexes. Cela prend un certains temps, le temps que tout le monde fasse un compte-rendu détaillé de l'exercice. Le but : apprendre que c'est mal de poser la question "pourquoi ?" à un élève.
Postion 1 du classement : Le stage "Philosophie de l'Origami". Je crois que c'est le stage le plus surprenant auquel il m'a été donné d'assiter l'an passé. Le but du jeu est d'apprendre à fabriquer des boîtes de pâtissier en papier à partir d'un mode d'emploi écrit. C'est convivial et très récréatif, le problème c'est que le sens profond de tout ça est ocullté et que les stagiaires n'en retiennent qu'une chose, apprendre à faire des boîtes en papier (perso j'ai déjà oublié comment on fait).