L'année est maintenant bien avancée et je me rends compte que je n'ai encore pas parlé de ma classe de première STG. Il est temps que je raconte le quotidien d'une telle classe pour vous donner une idée de ce que je vis chaque semaine.
Les classes de STG sont la nouvelle mouture des anciennes filières STT, et donc en grande partie composées de filles. La mienne n'échappe pas à la règle. Cela a de nombreuses conséquences, le spectre des fréquences sonores est renforcé dans les aigus, les bavardages inutiles sur les soldes ou les amours de jeunes filles font légion, bref ce serait vite épuisant nerveusement si je n'avais pas une classe de BTS IG pour compenser cet excès d'oestrogène. Un autre aspect d'une classe constituée de filles, c'est qu'au bout d'une heure de cours les narines n'ont pas à supporter l'odeur de phoque mort caractéristique du confinement pendant une heure d'adolescents transpirants. Non, l'odeur s'apparente plus à celle que l'on perçoit quand on s'approche à moins de trente mètres d'un magasin Sephora ou Marrionaud.
Vous l'aurez compris, l'ambiance générale est donc empreinte de superficialité, et comme très souvent la superficialité n'est pas le meilleur ami des maths. Non les préoccupations des élèves sont toutes autres, comme celles de cette élève qui m'interrompt en plien cours pour poser une question qui semblait la troturer depuis des jours. Je lui demande alors de me poser sa question d'une importance capitale, pensant innocemment que cette question concernera mon propos. Déception, on était bien loin des fonctions de référence et la thématique tournait autour des billets de banque : "Sur les billets en euros, vous savez Monsieur, y a un numéro ?" me demande-t-elle. Là je m'empresse de lui faire savoir que je suis heureusement au courant. Mais cela ne semble pas la convaincre. Alors elle insiste, me décrivant le numéro, son nombre de chiffres, etc. Toujours pas convaincue que j'ai compris de quoi il retourne, elle emprunte un billet à qu'un camarade (qu'elle traite au passage de bourge parce qu'il lui tend un billet de 20). Elle me montre donc le numéro de série du billet de 20 pour s'assurer qu'on parlait bien de la même chose. Elle en vient donc enfin à sa question : "Ce numéro donc, il est sur un billet en euros. Alors comment on fait pour le convertir en francs ? Je dois multiplier ou diviser par 6,56 ?" Là, je reste complétement muet, ne sachant quoi répondre ni comment réagir, répondre calmement et éviter de retenir cette irrésistible envie de me tordre de rire m'est impossible. Je vous passerai les détails de la suite, véritable lapidation en direct de la part de ces camarades de classe. Mais cela vous donne déjà un aspect des possibilités de certains élèves de STG.