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Sur ce blog je raconte avec humour (j'essaie) et sur un ton très décalé mes petites (més)aventures de jeune prof de maths. J'y glisse aussi les perles de mes élèves (l'anonymat est respecté).

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Chronique d'un prof n°12 : Une journée de formation

    Pendant sa première année d'enseignement, un prof titulaire (communément appelé T1) doit assister à plusieurs stages de formation obligatoires. Bien que dispensant une formation très différente à la base, ces stages ont toujours un point commun : les formateurs commencent toujours la séance par un petit discours pour se déculpabiliser d'être rémunéré pour nous voler une journée de notre temps inutilement (et surtout le temps qu'on passerait à enseigner notre matière). Autant dire que discours plus verbeux ne se trouve qu'à Matignon ou au Palais Bourbon. Avant de poursuivre, je tiens à préciser que le stage dont je vais parler a été l'un des moins barbants, voire le plus intéressant de cette année.

    Le stage d'aujourd'hui, qui porte sur l'évaluation des élèves et les conséquences sur leur orientation, n'
échappe évidemment pas  à la règle. Ca commence par la sempiternelle petite phrase : "Ne vous inquiétez pas, la formation qu'on vous dispense aujourd'hui est totalement différente de ce que l'on a pu vous enseigner à l'IUFM". Oui, sûrement... Marmotte... Chocolat... Papier alu... Tout y est ? Alors on peut commencer. A peine 15 minutes écoulées qu'on nous assome déjà avec un terme savant complètement inutile inventé par des pédagogues qui pensent encore qu'on trouve des pupitres dans une salle de cours. C'est la docimologie. Je vous rassure tout de suite, ce n'est ni l'étude des boîtes de petits pois, ni l'art de décimer une classe d'élèves insupportables. Non, la docimologie est un terme pour désigner la science qui étudie l'évaluation. C'est un joli mot, vous ne trouvez pas ?

    Autre phrase entendue aujourd'hui : "A la fin de la journée, vous ressortirez de ce stage avec des éléments qui vous serviront dans votre pratique, demain ou après-demain." Là ils avaient raison, j'ai appris un nouveau mot (voir paragraphe précédent). Je pourrai l'utiliser demain pour faire rire les collègues en salle des profs, et après-demain pour faire rire ceux qui ne seraient pas là demain. Mais j'ai aussi appris pendant ce stage qu'on pouvait ne pas noter les DS. Je ne savais pas que DS signifiait Divine Satisfaction, mais c'est un concept à méditer. Je suis sûr que les élèves adoreraient qu'on les fasse réviser pour ne pas les noter vraiment, autant leur donner directement l'accès à l'interrupteur de la chaise électrique pour nous faire griller en live.

    Enfin dernière phrase choc : "Nous ne sommes pas seulement là pour papoter ou vous raconter notre vie". C'est pourquoi il nous ont parlé du petit Yohan qui voulait faire vétérinaire et qui se retrouve à vouloir être paysagiste, ou de la fille de fermiers dont les parents ne veulent pas qu'elle aille en seconde car plus tard elle reprendra la ferme de Papa, ou encore de l'élève qui voulait être boucher parce que pendant son stage de troisième il a adoré rouler un rôti de veau. Eh oui ! Que voulez-vous ? La vie n'est qu'une succesion d'épisodes de la Petite Maison dans la Prairie. On a également appris que l'un des deux formateurs a commencé à travailler quand le second naissait à peine, etc. A la fin de la journée on aurait pu reconstituer une bonne partie de sa carrière, au moins en terme géographique. Mais à part ça, nous n'avons rien appris de leur vie intime, c'est vrai, il faut l'admettre.
   
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L
Excellent cet article :)Et puis comme ça, tu as un outil en plus au scrabble :)
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L
Onze lettres c'est quand-même assez hard à placer sur une grille de scrabble.