Humeur du moment

     Les cours sont enfin terminés, la fin d'année a été rude. Le pire c'est que ce ne sont même pas les élèves qui m'ont le plus fatigué. D'autres évènements professionnels ont mis mes nerfs à rude épreuve. Des décisions difficiles à prendre, des projets à monter, des conflits entre collègues (ça n'a pas que du mauvais ça m'a inspiré une nouvelle rubrique à laquelle je compte bien faire voir le  jour très prochainement)... Bref il était temps que ça se termine. Là, je décompresse à un tel point que je peux m'endormir à n'importe quel moment de la journée alors que d'ordinaire je ne suis pas un adepte acharné de la sieste. Cela dit il faut que je fasse attention, ce serait quand-même très con que je m'endorme en pleine surveillance du BAC... (mis à jour le 20/06/2009)
Samedi 20 juin 2009
    Cette année c'est du sérieux, je surveille les épreuves du BAC général série ES. C'est moins la glandouille qu'avec les STG, les candidats n'arrivent pas en retard et je n'ai observé aucun échange entre les candidats, seulement un ou deux regards inquiets en début d'épreuve. J'ai tout de même pu observer quelques perles sur les en-têtes. J'ai eu droit au désormais classique "Examen" dans la case "Examen ou concours". Une collègue m'a raconté avoir lu sur une copie "BAC à lauréat" dans la même case, on n'est pas passé loin du BAC à shampooing là ! Il a aussi fallu que j'explique trois fois de suite à un candidat comment remplir l'en-tête correctement. Il ne comprenait pas pourquoi l'examen qu'il passait n'était pas la "Philosophie".

     Quand je dis que ce n'était pas la glandouille, ce n'est pas tout à fait vrai. Un candidat est venu habillé en short de plage et en tongs (ça m'a fait penser à un élève que j'ai récemment vexé car il était venu comme ça en cours et je l'avais alors qualifié de touriste) ! Ce futur bachelier n'a pas disserté bien longtemps, il s'est endormi probablement avant la fin de la lecture du sujet. Je n'ai pas osé le réveiller, ce n'est pas dans ma philosophie de perturber le sommeil de quelqu'un. Une prof d'EPS de passage, venue nous apporter une agrafeuse, a cependant reconnu un de ses élèves, elle a alors donné un léger coup sur la tête du candidat avec une brochure qu'elle tenait dans les mains. Il s'est réveillé et s'est remis à composer.

     Une autre candidate, au décolleté plongeant, me lançait des regards profonds de temps à autres, tout en faisant tourbillonner sa longue chevelure blonde. Elle a d'ailleurs balayé le visage de son voisin de derrière une ou deux fois. Au début je me disais qu'elle était gonflée tout de même mais que de toute façon c'était un mauvais calcul car ce n'était pas moi qui corrigerais les copies de philosophie. J'ai par la suite découvert qu'en réalité elle n'était pas intéressée par ce genre de chose. Lorsqu'il a fallu l'accompagner au toilettes elle m'a demandé en douce un tube de blanc correcteur. Il a donc fallu lui expliquer rapidement que je ne pouvais pas avantager un candidat par rapport à un autre. Quelle intégrité, n'est-ce pas ?

     Voilà, c'est à peu près tout pour cette première demi-journée, lundi je surveille toute la journée, on verra ce que ça donne. Je vous tiens au courant.
Par LeFlo - Publié dans : LeFlo et son métier de prof
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Mardi 26 mai 2009
     Les élèves ont tendance à croire que les profs ne communiquent pas entre eux. Selon eux on ne parlerait que de maths, d'histoire-géo ou de philo à longueur de journée. Seulement voilà, on discute d'autre chose en salle des profs. Certains profs sont même devenus de vrais experts en ragots. Mais ce n'est pas le sujet ici. Les élèves ne se rendent pas compte que l'on discute aussi de leur frimousse.

    Un collègue me parle donc d'une élève qui exaspère pas mal de profs de l'équipe pédagogique de la classe de 2de. On parle donc de ses absences, de ses retards, de son insolence insupportable, et au hasard de la conversation il me signale qu'il vient de la voir devant le lycée en train de fumer sa clope. Là je me dis, zut aujourd'hui elle est là et en plus elle va puer la clope !

    Dix minutes plus tard, le cours commence. L'élève en question est absente. Etange, me dis-je. Peut-être que la clope n'est pas finie. Mais voilà que mademoiselle débarque accompagnée de sa fidèle accolyte avec plus de 10 minutes de retard. Les deux élèves me brandissent fièrement leur carnet pour me montrer leur mot de retard sur lequel il est indiqué "Perturbation TCL". Ah ces Transports en Commun Lyonnais ! Tous des méchants ! Ils font grève tous les jours et leurs grèves empêchent même les élèves de montrer quelques marches d'escalier pour aller en cours de maths. Où va-t-on ma brave dame ?Ou  alors je n'ai pas compris ce que voulais dire TCL et cela singifie Terminer sa Clope Lentement.

     En croyant se payer ma tronche les deux élèves en question ont donc gagné une heure de retenue chacune avec un travail à faire. Recopier un texte sur l'histoire des statistiques ne leur fera pas de mal. La morale de l'histoire est que quand on prend son prof pour un con, il se peut qu'il le devienne vraiment !
Par LeFlo - Publié dans : LeFlo et son métier de prof
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Dimanche 3 mai 2009
     Certains exercices de géométrie en lycée consistent à identifier des lieux de points : un point se déplace sur un objet géométrique particulier comme une droite, un segment ou un cercle et il faut justement trouver la nature de cet objet. Mais parfois les élèves ont beaucoup de mal à identifier le lieu de point demandé. On obtient alors ce genre de réponse :

     "L'ensemble E des points M du plan se trouve sur la droite qui comprends la hauteur de H qui coupe le segment [BC]."

     Amis non matheux, rangez vos Efferalgan, cela ne veut rien dire, inutile donc de vous torturer. Amis matheux, la réponse attendue était : la droite perpendiculaire à [BC] passant par H. Vous pouvez maintenant comparer avec l'original.
Par LeFlo - Publié dans : Perles d'élèves
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Mardi 28 avril 2009
     Je devais m'y attendre, à force de publier les perles de mes élèves (même sans en nommer les auteurs), j'ai peu à peu attisé leur envie de se venger. Mes élèves de seconde tiennent donc une liste des perles de leurs profs. Elle est assez fournie mais heureusement je ne suis pas le seul visé. Sinon j'aurais de quoi m'inquiéter. Quoiqu'il en soit je suis donc l'auteur d'un certain nombre de lapsus ou de phrases qui les amusent ou les interpellent.

    Certaines citations méritent effectivement leur place dans le bêtisier en question. Il m'est en ainsi arrivé au moins une fois dans l'année de leur suggérer de bien choisir leur aisselle avant de tracer un graphique plutôt qu'une échelle. Mais le plus grand moment de solitude que j'ai vécu cette année, c'est  sans doute ce jour où j'ai pris l'air le plus strict qu'il m'ait été donné de prendre dans l'année pour leur filer une engueulade collective ; je voulais leur dire que j'enverrai dans le bureau de Mme le proviseur les prochains qui feraient des singeries sous les fenêtre pendant les heures de cours, j'ai alors dit : "Le prochain qui perturbe un cours, c'est direct sous le bureau de Mme le proviseur !" Petit problème de (pré)position !

     Cependant, la plupart des phrases qu'ils notent dans leurs cahiers ne sont même pas drôles ou alors bien déformées par rapport à la réalité. Quand j'ai donné la définition de la fonction carré, j'ai dit que c'était la fonction qui à tout nombre réel associe son carré. A ce moment là j'ai entendu dans mon dos : "Vas-y note-la celle-là ! Il a dit saucisson carré, elle est pas mal !" Ils m'ont promis de me faire lire les citations qu'ils auraient collectées à la fin de l'année. Je vous tiendrai au courant.
Par LeFlo - Publié dans : LeFlo et son métier de prof
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Lundi 13 avril 2009
     Toujours dans la famille des statistiques qui ne veulent rien dire, voici quelques données chiffrées collectées dans des exercices de statistiques en seconde.

     Le premier exemple est tiré d'un exercice où l'on étudie la population des rats qui peuplent la ville de Lyon (pas très ragoûtant certes mais c'est histoire de faire des stats évidemment). On demande d'évaluer le nombre de femelles dans un échantillon de 600 rats. Voici la réponse d'un élève :

     "Il y a en tout 600 rats dont 1195 femelles".

     Qui a dit que les femmes ne comptent pas ?

     Le deuxième exemple est tiré d'un exercice où l'on compare le salaire des ouvriers d'une usine avant et après augmentation du patron (l'exercice date on était pas en temps de crise). Vous constaterez que mes élèves sont bien plus généreux que les patrons :

     "Le salaire moyen des ouvriers est de 14 000 euros. Si le patron augmente tous les employés de 100 euros, le salaire moyen augmente de 10 000 euros".

     Je devrais peut-être suggérer au ministre de la fonction publique de recruter cet élève au moment des discussions sur les augmentations de salaire des fonctionnaires. Une augmentation annuelle de 80% au lieu de 0,8% ce serait pas mal non ?
Par LeFlo - Publié dans : Perles d'élèves
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